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Villages D-E-J-L-P

Les Sáwá
Deïdo

BIOGRAPHIE D'EYUM EBELE KING DEÏDO 1
EYUM EBELE CHARLEY DIDO est le cinquième fils d'EBELE KANYA et de TENE BONA. IL naît à Douala vers 1770. Son père EBELE KAYE meurt en 1794. CHARLEY eut 3 frères germains : EKEDI, NGANDO, MPONDO et dix-neuf frères consanguins.
Il accède au trône royal des BONEBELA en 1804 à la suite du décès de son frère EBULE EBELE, il régna 72 ans. Son règne fut le plus long de l'histoire des DEÏDO et je ne pense pas qu'il y ait pareil dans tout le Grand SAWA. Le règne d'EYUM EBELE sera long, riche et fructueux : sous sa direction éclairée les BONEBELA occupèrent alors pacifiquement les territoires de MUSOKO en pays ABO-SUD (MUSOKO MWA EYUM EBELE), NDOGBELE (qui signifie BONEBELA) à YABASSI et surtout NJANGA dans le NKAM. Il reste dans la mémoire de certains " NKAMOIS " que les premiers à payer les paysans pour leur travail dans les plantations étaient les BONEBELA.
EYUM EBELA fut signataire de nombreux traités avec les Européens, et plus particulièrement celui du 14 janvier 1856 établissant une Cour d'Equité à Duala : il signait sous le patronyme de CHARLEY DIDO nom que les commerçants anglais lui attribuèrent.
EYUM EBELE, soucieux de fonder un royaume puissant qui devait devenir le troisième royaume de DOUALA, il laissa une descendance nombreuse l'histoire nous dit qu'il épousa 34 femmes et en donna une, BOTAÏ NJANGA, à son frère NGANDO EBELA. Les 33 autres épouses lui donnèrent 72 enfants, 30 filles et 42 garçons. Il eut aussi de très nombreux " enfants adoptifs ".
A présent, sa descendance est classée en 3 foyers nommées : le 1er foyer, BONAMOLE, du nom de sa 1ère épouse MOLE EKOLO NDONGO, une princesse BOJONGO ; le 2ème foyer, BONEBOKOLO, du nom de sa 2ème épouse, EBOKOLO'à SAME'a DOO de BONASSAMA ; le 3ème foyer, BONADIBO, DIBO étant le
surnom qu'il a donné à sa JOMBE'a KUKU, originaire d'ABO NORD.
Les noms des principales femmes d'EYUM EBELE. Ces femmes furent respectivement MOLE EKOLO, EBOKOLO a SAME DOO, JOMBE KUKU.

Condamné a mort par le NGONDO pour s'être opposé à l'exécution de son neveu MUDULU DIBOTI EBELA qui était accusé d'avoir tué son cousin MUANJO'A MUDULU EBELA, il est fusillé le 7 décembre 1876 conformément aux dispositions de la loi dite " DIBOMBE " instituée par le NGONDO, notre 1er Roi fit preuve de courage et de témérité car, il refusa de livrer son neveu au NGONDO et il s'exprima ainsi " je ne peut pas accepter de perdre mon œil gauche et mon œil droit le même jour " cette phrase devint légendaire et déclencha une guerre qui opposa les BONEBELA à tous les Duala ; cette guerre durera 3 jours et eut pour conséquence l'exil de la majeure partie du clan à MUSOKO. En se sacrifiant, KING EYUM EBELE CHARLY DIDO laisse à sa descendance l'exemple d'un homme de paix et de courage, traits caractéristique des DEIDO aujourd'hui. C'est ainsi que le DEIDO est connu comme quelqu'un qui ne se laissera pas marcher sur les pieds, quelqu'un qui prônera toujours l'excellence . Aujourd'hui à DEÏDO et dans tout le territoire SAWA lorsque quelqu'un porte le nom d'EYUM on lui donne le surnom de " TCHALLE " qui est la déformation de " CHARLEY " en souvenir de notre ROI. Trente-huit ans avant la pendaison du KING BELL DUALA MANGA NDUMBE BELL et de NGOSSO DIN, et de la déportation du KING AKWA DIKA MPONDO et de son exécution par les Allemands à Campo, KING DEÏDO EYUM EBELE CHARLEY DIDO fut le 1er martyr des rois duala pour la
sauvegarde des intérêts de son peuple. Cette démonstration de courage et d'abnégation doit interpeler toute la jeunesse SAWA et Camerounaise afin que nous puissions sortir notre cher pays de sa pauvreté morale et matérielle.
EYUM EBELE accompagné de ces épouse Mole EKOLO a gauche et EBOKOLO SAME a droite en 1812.
Article écrit par : Prince Moses ESSAKA ESSAKA EKWALA-ESSAKA DEÏDO
LES GARçONS D'EYUM SE CLASSENT AINSI
Dans le foyer BONAMOLE
·         EKUALA
·         EKWA NUTUDU
·         TOBO
·         BILE
·         NJO
Dans le foyer BONEBOKOLO
·         MUKOKO
·         MBONGE
Dans le foyer BONADIBO
·         KUO
·         EÑAWE
·         ÑAMBI
·         MAMBINGO
.
¤
·         ESAKA
·         EWONDE
·         TANGA
·         JOMBI
·         MPEMBA
¤
·         LEA
·         ELANGE
¤
·         MBUMWA
·         WUNDU
·         NKWAN
·         BILE
.
¤
·         EYANGO
·         EKUME
·         EPOKO
·         EKWA-NUSADI
·         MBAPE
¤
·         DUME
·         NTONE
¤
·         EPEYE
·         DIKUME
·         LOTIN
·         NDOLO
.
¤
·         DIBOTI
·         EYUM
·         EBELE
·         MUANJO
¤
·         SILIKI
¤
·         MUDULU
·         ELOKAN
·         NGAMBI
·         MUSIO
Origine et arrivée des Bonébéla


Le peuple de DEIDO fait partie des DUALA, des peuples SAWA, même s'il est vrai que les DEIDO ne sont Duala que par la mère d'EBELE, leur ancêtre éponyme. Déjà je dois souligner que DEIDO n'est pas le nom initial que portait le royaume. DEIDO est en effet une appellation britannique (DIDO). La véritable appellation est plutôt " BONA EBELE " que nos ancêtres contractèrent en " BONEBELA " du nom de leur ancêtre éponyme " EBELE ", qui était issu de l'union d'un prince BAKOSSI du Sud-ouest du Camerounais nommé " EJOBE EBELE EBONG", et d'une princesse BONAMBELLA nommée " KANYA ou KAYE " fille de Epée' a KWAN' NGIYE de BONEWONDA. KANYA était frappé d'une infirmité, c'est du moins de cette façon que l'on peut dire les choses aujourd'hui elle marchait sur le dos de ses pieds ; or dans la tradition SAWA une femme qui est dans cette situation n'est pas considérée comme une infirme mais comme une JENGU (Sirène) et la tradition dit aussi qu'une JENGU ne va pas en mariage, c'est elle qui épouse un homme ; aussi un enfant qui est issu de cette union appartient au père de la JENGU.
1- HISTOIRE D'EJOBE NYA EBELE EBONGE
L'arrière grand père d'EJOBE à sa mort avait laissé le commandement à l'un de ses deux fils, le cadet qui était le grand père d'EJOBE. Ce choix déplut fortement au frère aînée du grand père d'EJOBE et dans la dispute y afférente ils en vinrent a une rixe au cours de laquelle le grand père de EJOBE tua son frère aînée et s'enfuit pour se réfugier dans la zone de l'actuel Mungo, plus précisément a MBONJO a une trentaine de kilomètres de Douala.
A cette époque les commerçants DUALA allaient troquer des produits qu'ils prenaient dans les bateaux, contre des produits que possédaient les populations de MBONJO (huile de palme, palmiste etc.) Un jour, quand les Duala vinrent avec leurs produits, ils constatèrent que les MBONJO avaient unilatéralement réduit le " mukur'a kêki ", le fût qui servait de mesure commerciale de l'huile de palme et des palmistes.
Les Duala se sont rebiffés et sont retournés chez eux pour se préparer à faire la guerre aux MBONJO. A l'issue de cette guerre les duala firent des prisonniers parmi lesquels deux frères, deux princes BAKOSSI, EJOBE et DINGABE, qui se battaient du côté des MBONJO. A leur retour les Duala placèrent EJOBE dans la cour royale BELL et DINGABE dans la cour royale AKWA. DINGABE n'a pas eu de descendance, raison pour laquelle on ne parle plus de lui aujourd'hui, mais EJOBE quant à lui, eut un enfant avec la princesse KANYA NYA BONAMBELA qui vivait chez les parents de sa mère à BONADUMA dans le royaume BELL. De leur union naquit un fils unique appelé EBELE. C'est pour cela qu'on appelle les descendants d'EBELE les " BONEBELA ", ce qui signifie les enfants d'EBELE.
2- Ecrins de vie d'EBELE KAYE EPEYE
EBEL'a KANYA naît en 1750 d'EJOBÈ EBELE EBONG et de KANYA EPEYE KWANE. EBELE vivait dans le royaume BELL plus précisément à BONADUMA (MADUMWALE) où se trouve l'actuelle pêcherie YOUPWE. A une époque il y eut une compétition de BESUA (lutte traditionnelle) opposant les BASSA aux BELL, sur le site de l'actuelle délégation régionale de CAMTEL. Les BASSA étaient très forts en lutte traditionnelle, et ils laminèrent tous les BELL. Ceux-ci incitèrent alors EBELE à se battre dans leur camp. Malgré son refus ils insistèrent tant et si bien qu'il leur céda et entra dans la compétition en défiant le champion des BASSA, un certain MBELLA DIPOMO. EBELE renversa ce dernier et lui assena en prime un coup de poing sur la figure. Ceci énerva le camp BASSA. Ils s'armèrent alors de coupe- coupes et se mirent à taillader les BELLOIS. Entre temps EBELE eut le temps de se sauver.

A l'issue de cette sanglante altercation les BELLOIS rentrèrent chez eux où ils trouvèrent EBELE tranquillement assis, cet EBELLE par qui le scandale était arrivé. Ils l'attrapèrent alors, le ligotèrent et le passèrent à tabac. Révolté par ce mauvais traitement infligé à son fils, KANYA résolut de quitter le royaume BELL pour retourner dans sa famille paternelle à BONEWONDA, où ses oncles paternels lui demandaient depuis longtemps de faire venir son fils pour qu'il devienne leur chef.
En passant sur leur pirogue, ils furent arrêtés à BONAMBWANJA par KING AKWA qui est le cousin d'EBELE, NGANDO'a KWA, qui les établit sur le site où de trouve l'actuelle immeuble SOCAR. Ils y vécurent quelques années et EBELE y mourut à la fin du XVII siècle. Il épousera sept femmes reparties en trois foyers et eut une forte descendance dont vingt-trois garçons. Ce sont ces enfants (à qui il faut adjoindre une partie des descendants de MUTIE MWA NGIYE'A MULOBE) qui forment le royaume DEÏDO.
3- Arrivé à DEÏDO
Après la mort d'EBELE ces enfants restèrent à BONAMBWANJA quelques temps. Un jour les enfants d'EBELE allèrent se plaindre chez leur oncle NGANDO'A KWA car leur cousin KALLA NGANDO'A KWA avait violé une de leurs sœurs; KING AKWA ne fit cependant rien. Il y eut alors une rixe entre les enfants d'EBELE et ceux du KING AKWA. Après cette rixe KING AKWA les pria poliment de plier bagages et d'aller trouver refuge où ils allaient initialement, c'est-à-dire à BONEWONDA. Sur leur chemin ils furent de nouveau interceptés par un chef BAKOKO nommé MBIME MOUKOKO, le père de NGONKINDA, une des épouses du second fils d'EBELE, le nommé EBULE EBELE ; Les BAKOKOS étaient les premiers occupants des actuels terres des DEIDO. MBIME pria son gendre et ses frères de ne pas aller chercher plus loin une terre où s'établir, et leur offrit un site. Par la suite, les fils d'EBELE se mirent à repousser progressivement ceux qui les avaient accueillis.
4- Conclusion
C'est ainsi que les BONEBELA (les DEIDO), initialement BAKOSSI, sont devenus DUALA, c'est dire que contrairement a certaines prétentions qui veulent que les BONEBELA soit des ABO (car EBELE s'installa à MBONJO-ABO). De toute façon les BONEBELA sont devenus des DUALA et ils le resteront car l'appartenance à un terroir est lignagère, spatiale et ethnologique.
Article écrit par : Moses ESSAKA ESSAKA-EKWALLA DEÏDO
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