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Le Maréchal Mbappè Leppé
En 1965, Salif Keita disait à propos de Samuel Mbappé Leppé: „ je n´avais jamais vu un homme aussi grand par la taille et par le talent , il a une vision très large sur le terrain et il trouve toujours l´endroit où il doit placer son ballon. Mbappé Leppé est un footballeur hors norme doté d´une frappe de balle phénoménale”.
Venant de la part de l´un des plus grands footballeurs que l´Afrique ait jamais engendrés, ces propos résonnent comme un hommage implacable. Il faut dire qu´à l´orée des années 60, Samuel Mbappé Leppé et son équipe l´Oryx Bellois de Douala cristallisent déjà l´attention de tous les footeux par leur talent. Ils remportèrent la première coupe d´Afrique des clubs champions en 1965.
Au plan national, Mbappé Leppé fut l´une des meilleures gâchettes du championnat national de football de première division dans les années 50 et 60. Son souvenir est resté indélibile dans la mémoire collective, ses exploits qui lui ont valu le surnom de “Maréchal” relèvent souvent de la légende- sa frappe de balle était si puissante qu´il avait tiré une balle de tennis en l´air et elle n´était retombée que quatre jours plus tard.
Affabulation ou vérité, toujours est-il que Mbappé Leppé est la première véritable star du football camerounais . Avec l´Oryx Bellois et les Lions Indomptables, il a commencé à tracer le sillon du prestige du football national. Pour autant , le Maréchal n´a pas toujours tiré les dividendes de son énorme talent. Il est ainsi décédé dans un certain dénuement , un jour de Noel 1985 à l´Hopital Laquintinie de Douala.
Néanmoins, son souvenir reste entretenu par un stade à Douala qui porte son nom, à Akwa, en plein Coeur de la communauté Sawa dont il est originaire. Mais dans le cadre du plan de développement de Douala, le stade Mbappé Leppé est appelé à disparaître. L´on espère que la mémoire du Maréchal sera honorée par une autre oeuvre digne de sa stature et de sa légende. En tout cas les vrais footeux du Cameroun et meme d ´Afrique ne sont pas amnésiques…..
L ´ Indomptable CAN 2006
Le stade Mbappè Leppé en état de décrépitude
En juin 2002, une mission effectuée par Messieurs Dellazie et Claude Constantini à l'invitation du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala de l'époque, avait évalué l'état d'avancement de la dégradation de ce stade qui avait fait la fierté de la ville de Douala dans les années soixante.
Cette mission ne se limitait pas à ce grand besoin de reconstruire le stade d'Akwa .Il s'agissait, au bout du compte, « d'aménager complètement » ce stade délaissé en plein centre ville de Douala. Quelques années plus tard, rien n'a été fait comme à l'accoutumée pour reconstruire ce stade mythique qui est devenu depuis quelques années le stade Mbappe Leppe.
L'année dernière, c'est dans ce stade que s'était déroulé le Beach Soccer African Pro Tour, organisé par Basile Boli, ( NDLR les 25 et 26 novembre 2006) .Pour l'occasion, une aire de jeu en sable avait été mise en place dans ce stade d'où il y avait régné une véritable ambiance de plage. A ce jour, l'on se demande si nous sommes à la plage en plein de cœur de ville.
Depuis lors, ce stade n'a plus que de nom. Les gradins sont devenus des véritables amas de lattes pourries marquées par l'usure du temps. L'aire de jeux ressemblant à une plage noyée dans les flaques d'eaux qui se dessèchent par moment en donnant place au sable chaud. En face de stade, un espace attend toujours désespérément l´effigie du Maréchal de Football, le légendaire Mbappé Leppé. Le stade Mbappé Leppé de Douala, qui aurait dû participer de la fierté de la ville, est un site à l'abandon. Les évocations sont très souvent cruelles, surtout pour ceux qui ont caressé, pour ne pas dire touché du doigt, un rêve qui, finalement, au fil du temps, s'est estompé, pour se transformer en désillusion
Dans le répertoire des stades abandonnés au Cameroun se trouve également le Stade Municipal de Bafoussam avec sa tribune désuète et partiellement décoiffée pire qu'une porcherie. Depuis, plus de 30 ans l'attente de sa reconstruction s'éternise.
Plusieurs autres dossiers ont été introduits depuis des dizaines d'années et qui attendent une suite concernant les stades omnisports de Garoua, de Douala, de Yaoundé etc.. Ces stades ont repris le relais de l'abandon avec des hautes et mauvaises herbes, cultures de maïs et de haricots, sillons à quelques abords, etc.
Il y a de cela quelques mois, on lisait dans les colonnes d'une presse locale qu'une équipe d'entrepreneurs japonais « effectuent depuis quelque temps des missions d'inspections au stade omnisport Ahmadou Ahidjo, dans l'optique de refaire la vieille bâtisse. Si tout se passe bien les travaux débuteront en Juin 2006 pour s'achever en fin 2007. ». Le projet est également resté lui aussi lettre morte.
Tout laisse ainsi penser que le football qui jusqu'ici est un facteur d'unité au Cameroun est délaissé au triste regard des amoureux de la balle ronde. Il est grand temps de reconstruire ces stades camerounais. Il ne sert à rien de rêver d'accueillir une compétition internationale de football quand les infrastructures sont délaissées. Le Cameroun a besoin de la réhabilitation de ses stades de football. Ce ne sont pas les moyens qui manquent mais, juste une petite volonté politique.
Mais ici, on préfère mettre en mission, à grands frais, des dizaines de fonctionnaires aux attributions erronées, dans les délégations accompagnant l'équipe nationale de football dans ses nombreux déplacements, pour aller simplement admirer les réalisations des autres. Quatre fois championne d'Afrique, médaillée d'or olympique, record de participations à la phase finale de la Coupe du monde pour une équipe africaine...C'est tout à fait honteux d'afficher ce record alors qu'on ne dispose plus de stade de football acceptable excepté celui de Garoua qui ces derniers temps se dégrade lui aussi aux bons yeux des autorités locales.
Depuis la construction des stades de Douala et de Yaoundé en 1972, lesquels sont devenus de véritables pièces de musée aujourd'hui et non plus des terrains propres à la pratique du football, rien n'a été fait pour les entretenir.
Faudra t-il attendre de se porter candidat à l'organisation de la coupe d'Afrique des nations de football de 2016 pour offrir enfin à nos chers Lions indomptables si adulés un terrain de football digne de leurs exploits ? Comme dirait l'autre, le Cameroun c'est le Cameroun.
N.S
© Prisma International
La deuxième mort du " Maréchal "
Pokossy Doumbè avait eu mauvaise idée. En donnant une nouvelle appellation au " vieux temple " du stade Akwa et surtout en attribuant à celui-ci le nom de quelqu'un que l'histoire du football camerounais a retenu à tout jamais comme étant son plus grand footballeur de tous les temps, à savoir Samuel Mbappé Leppé. Il faut dire, à la suite de cette assertion pour lever l'équivoque, qu'il s'agit du plus grand footballeur camerounais de tous les temps, qu'on ne saurait confondre avec le footballeur camerounais le plus célèbre, étiquette que porte si dignement un certain Roger Milla, actuellement ambassadeur itinérant.
Samuel Mbappé Leppé, mort aujourd'hui, aura été le footballeur aux qualités techniques et humaines exceptionnelles. Un footballeur au charisme sans pareil et aux côtés de qui, chaque joueur aussi bien de l'équipe nationale que de son club (Oryx de Douala premier champion d'Afrique de clubs champions), se sentait parfaitement sécurisé dans le stade. La légende-vraie- dit que ses passes étaient millimétrées ; que les tirs de Mbappé Leppé étaient d'une telle puissance qu'il fallait être un défenseur ou un gardien téméraire pour oser s'y interposer. Il existait une complicité, une telle cohésion fraternelle entre Mbappé Leppé et ses coéquipiers que certains, à l'instar de Jean Atangana Ottou " Remetter ", l'un des plus grands gardiens de but que le Cameroun et l'Afrique aient produit, a voulu perpétuer son nom à travers sa progéniture. Chez " Remetter " à Mbankomo (banlieue de Yaoundé), existe bel et bien un Samuel Mbappé Leppé. Claire vérité. C'est fort de tous ces atouts exceptionnels que la nation entière lui décerna le titre de " Maréchal ", c'est-à-dire le plus haut grade de l'armée.
Stade Mbappè Leppé
La lumineuse idée de l'ex-délégué du gouvernement de Douala, de rendre son hommage aux dignes fils du terroir, n'a pas trouvé grâce aux yeux de la communauté ici. Elle a, au contraire, créé le mécontentement et laissé indifférent…Il y a près d'une décennie que le vieux stade Akwa porte très familièrement le nom (stade " Maréchal, Mbappé Leppé ") que toute personne lucide et respectueuse des valeurs lui conférait. Dans sa belle initiative, Pokossy Doumbé alors " super maire " de Douala, s'était promis de restaurer, à l'occasion, le stade " Maréchal Mbappé Leppé ". Face sans doute à l'adversité rencontrée dans le projet, celui que les populations de la capitale économique surnommèrent le " jardinier ", par allusion à la propension qui était la sienne à aménager les espaces verts, allait rapidement abdiquer. Depuis lors, le stade " Maréchal Mbappé Leppé " (?) est retombé dans la désuétude.
L'espace qui avait été aménagé pour la stèle, en fait une grande statue de ce footballeur de légende, est demeuré un asile de fou, rend le lieu insalubre et cache mal la vive querelle qui s'est jusqu'ici développée dans la communauté sawa de Douala, depuis que Pokossy Doumbè a, à son corps défendant, pensé qu'il peut faire du stade Akwa un repère authentique d'un pan entier de l'histoire des Duala. La question du stade Mbappé Leppé, selon nos informations puisées à bonnes sources, est venue plutôt astiquer les querelles claniques ici, et qui ne sont pas sans aliéner un peuple.
Voyez l'étendue des ruines au plan sportif. Et Oryx, et Caïman et Léopard, clubs mythiques et jadis de référence dans le championnat d'élite, se morfondent aujourd'hui dans le tréfonds des divisions inférieures, et c'est un peu par miracle s'ils n'ont pas encore carrément cessé d'exister. Victimes d'une politique autarcique qui les avait confinés des années durant à une existence comme en vase clos, c'est-à-dire repliées sur elles-mêmes, les équipes duala éprouvent à ce jour toutes les difficultés du monde à faire surface. Des clivages que même le temps n'est pas (encore) parvenu à dissiper ; et qui ressurgissent malheureusement au-devant de l'actualité.
Ainsi pour les Akwa, le stade Maréchal Mbappé Leppé à Akwa, serait une vue de l'esprit de son initiateur. Un Bellois ne saurait faire ombrage à un Akwa dans son territoire. Pour dire que le légendaire footballeur camerounais, Mbappé Leppé, le " Maréchal ", n'a qu'à aller se faire voir à…Bali, apprend-on ci et là. Même si d'aucuns estiment, sans pouvoir avancer une raison convaincante sur la question, que le problème se trouverait ailleurs, tout indique que la problématique du stade Maréchal Mbappé Lépé découle des querelles claniques. Dans cet imbroglio, la Fécafoot et le ministère des Sports sont demeurés sans voix.
Et, le " Maréchal " meurt ainsi pour la deuxième fois. Triste !
© Le Messager : Germain Ekwe Koumb

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